#avionsenlair

Aéro-bashing. Le débat écologiste en marge

Aéro-bashing. Le débat écologiste en marge

By on Avr 11, 2021

1+

Connaissez vous l’initiative lancée par un grosse dizaine de députés du collectif “Ecologie Démocratie Solidarité“? Son originalité tient au fait qu’elle consiste à ne pas assister aux discussions et débats à l’Assemblée Nationale lors de l’examen de la loi Climat et Résilience mais à organiser “en même temps” des discussions sur ce sujets sur la plateforme Twitch, nouvelle coqueluche des jeunes. Tout cela sous l’appellation debatsansfiltre.fr (en référence aux propos d’Emmanuel Macron qui avait initialement promis la soumission « sans filtre », au débat parlementaire, des propositions émanant des 150 citoyens tirés au sort de la Convention citoyenne pour le climat.).

Démocratie 2.0?

Sans qu’il soit même nécessaire de nous positionner sur le plan politique, on est en droit d’attendre de la démocratie parlementaire qu’elle respecte les citoyens. Ces derniers votent pour élire des représentants qui, comme le nom l’indique, doivent nous représenter lorsque des projets de loi sont proposés, discutés et débattus puis votés. Qui peut imaginer que nous les rétribuions avec nos impôts pour qu’ils aillent au café du commerce (aujourd’hui les réseaux sociaux) discuter entre copains pendant qu’une loi est débattue, qui plus est quand cette loi est aussi importante que celle sur le Climat.

Parodie à tous les étages

La raison qu’ils invoquent est “une discussion parlementaire qu’ils estiment « verrouillée » par la majorité”. Voilà de toute évidence une définition du débat (leur réunion s’appelle bien débat sans filtre) assez différente de celle à laquelle on est habitué. Du moins si l’on part du principe qu’un débat est une discussion ou un ensemble de discussions sur un sujet précis ou de fond, à laquelle prennent part des individus ayant des avis, idées, réflexions, opinions plus ou moins divergentes.

Pour eux, un débat semble manifestement n’être qu’une suite d’interventions à charge, enchaînée par des intervenants bien choisis à l’avance et une armée de trolls qui décapitent tous ceux qui osent poser une question allant dans le sens opposé sur le chat.

Le Casting

Nous nous sommes connecté quelques dizaines de minutes au “débat” de Vendredi après-midi, ayant été prévenu que le sujet était l’aérien. Outre Cédric Villani et Delphine Batho, les deux leaders des députés aujourd’hui, on pouvait trouver les invités suivants :

  • Sarah Fayolle : Greenpeace France, qui avait été interviewée devant les grillages de CDG alors que ses copains repeignaient en vert le 777 d’Air France
  • Agathe Bounfour : Réseau Action Climat
  • Nicolas Bourdeaud : Co-auteur de la tribune étudiante d’Avril 2020, demandant aux décideurs politiques d’organiser la décroissance du trafic aérien
  • Grégoire Carpentier : Supaero Decarbo
  • Il devait aussi y avoir des gens de Génération Ecologie et de “non au T4”,

L’impression rendue par ce débat est clairement que tout le monde tire dans le même sens pour charger la mule un peu plus à chaque intervention. Passons sur celles de Greenpeace et RAC pour n’en citer que deux :

Nicolas Bourdeaud (élève SupAero et membre du collectif “La Bascule”) :”la technologie est insuffisante, il faut une de la sobriété et une réduction de trafic, il faut reconvertir le savoir-faire vers d’autres secteurs”

Grégoire Carpentier : présente le collectif SupAero Decarbo, indique leur implication en tant que shifters dans le dernier rapport en expliquant bien que le rapport conclut qu’on n’y arrivera pas. Il partage donc les mêmes conclusions que N. Bourdeaud

A noter que Delphine Batho ne connaissait probablement pas Grégoire Carpentier avant, car elle l’a accueilli en disant : “J’espère que tu acceptes que je te tutoie car ici tout le monde se tutoie”. C’est sûr que dans une approche Twitch, mieux vaut faire “jeune”. 

Les liaisons dangeureuses

En revanche elle a insisté en disant qu’elle avait grandement fondé son travail préparatoire de l’examen de la loi Climat et Résilience dans la commission de l’Assemblée qui a travaillé sur les travaux et le rapport du Shift/SupAro Decarbo. 

Il va bien falloir que nous nous rendions compte que nous avons un front uni en face de nous et qu’il gagne en sympathisants. Autre confirmation: SupAero Decarbo en fait clairement partie.

Leur soi-disant ouverture pour débattre est en fait une hypocrisie car ils ont, comme les gens de “débat sans filtre”, une vision unilatérale d’un débat dont une appellation plus juste aurait mieux valu d’être “débat sans contradicteurs”.

Envie de partager cet article?

Post a Reply

468 ad

Vous aussi participez à la défense de l'aérien en diffusant nos articles

RSS
EMAIL
LINKEDIN
Share