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Comme un avion 100LL

Comme un avion 100LL

By on Jan 7, 2021

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Il y a des domaines en France où les choses peuvent aller très vite. Comme décider de l’augmentation d’une taxe par exemple. Les fêtes passées, on termine tout juste nos boites de bonbons au chocolat que bon nombre d’entre nous auront sans doute trouvés plus amères qu’à l’accoutumée. Voilà maintenant le temps des vœux. Il suppose que l’on se souhaite le meilleur pour la douzaine de mois à venir. Pour les acteurs de l’avion légère, malmenés comme tout un chacun par une crise inédite, le terme “meilleur” sera plus que jamais un euphémisme.

Drôles de voeux

J’ignore si le gouvernement dont dépend notre ministère de la transition énergétique (sous le ventre duquel des esprits sans doute très attentionnés ont trouvé bon d’accrocher les transports), a souhaité le meilleur à notre petite aviation. Tel un parâtre il n’aura pas manqué quoi qu’il en soit de bien marquer le passage à 2021 en lui faisant le coup des étrennes inversées. Par souci ne pas déplaire à sa fille putative et à sa cour , j’ai nommé la Convention Citoyenne pour le Climat, il a comme nous le craignions, augmenté le taux de la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques.

Quelques centimes au plus mauvais moment et qui vont faire du mal

Passons d’emblée sur la question de la parole politique non tenue. Le relèvement de cette taxe vient en effet de faire mentir un président qui avait promis que, durant son quinquennat, nous n’aurions pas à subir de hausse fiscale. Si nous avions encore un doute sur le poids des promesses en politique, nous ne saurons qu’un peu mieux dorénavant ce qu’elles valent. Il en ressort une impression désagréable selon laquelle l’aviation légère aurait pu être livrée en échange d’autres concessions directement liées aux propositions d’une Convention Citoyenne aussi climatique que controversée. Il appartiendra à chacun d’entre nous, des quelques dizaines de milliers que nous sommes, de nous en souvenir au moment opportun.

L’Etat lâche l’aviation légère

Le gouvernement vient donc d’abandonner la petite aviation en pleine crise. Quel pire message pouvait il envoyer à son encontre?

Celles et ceux qui portent l’aviation légère, le plus souvent bénévolement, y verront bien une nouvelle épine qu’on lui plante dans le pied. Le renchérissement inévitable du coût heures de vols ne fera qu’éloigner un peu plus le rêve de nombreux jeunes, non pas les plus fortunés, mais les plus courageux qui franchissent le pas pour apprendre à voler. La méconnaissance de la représentation nationale concernant notre filière lui aura sans doute caché l’évidence qu’en taxant notre aviation à sa base, elle taxait aussi des vocations. Celles de nos futurs pilotes civils ou militaires (et même de nos astronautes) dont beaucoup sont sortis des rangs d’une foule de pilotes anonymes qui peuplent nos aérodromes partout sur le territoire.

L’évocation de notre Histoire aéronautique nationale côtoie souvent les vocations tout court

Quel message aussi pour ces centaines d’entreprises et leurs milliers d’emplois qui partout en France défendent fièrement la place d’une aviation centenaire. L’évocation de notre Histoire aéronautique nationale côtoie souvent les vocations tout court. C’est peut être cette richesse, aujourd’hui mal assumée qui remplit toujours nos écoles pleines de jeunes engagés dans des cursus divers, mécaniciens, pilotes, contrôleurs… Quel message veut on leur envoyer? Celui de la défiance étatique à l’égard de leurs futurs métiers?

Qu’on se rassure. Il y a dans cette perspective très noire, tout de même un peu de vert. Une promesse électrique pour laquelle la FFA s’est engagée. Reste à savoir si la concrétisation de cette transition (nous y revoilà) arrivera avant qu’une grande partie de ses membres se soient résignés à jeter l’éponge. Car si le déploiement du Velis et autres avions à électrons dans l’ensemble des aéro-clubs est un petit challenge qui reste à relever, la taxe elle, est une réalité capable de couper bien des ailes.

Et rien n’est moins sûr que chacun ici se satisfasse d’être devenu bien malgré lui un symbole de la lutte contre le réchauffement climatique.

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