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Le “pacte vert” en courte finale

Le “pacte vert” en courte finale

By on Nov 28, 2021

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Annoncée en sous-titre de sa page de présentation, l’ambition portée par la Commission Européenne à travers son “green deal” a le mérite d’être claire. Il s’agit de devenir le premier continent neutre pour le climat. Voilà un vaste et ambitieux programme qui ne doit pas nous faire perdre de vue qu’au delà du vert, nous sommes avant tout attachés à notre coin de ciel bleu.

Le secteur aéronautique visé avec plus ou moins de justesse et surtout de justice par les défenseurs de la cause climatique ne saurait bien évidemment pas s’exonérer de sa part dans l’effort collectif engagé. Participer à la réduction de l’impact des activités humaines sur le processus dit “de réchauffement” fait bien partie de l’ambition du secteur et l’Europe soutient à ce titre divers programmes. Quels sont-ils?

Le premier d’entre eux, OLGA, porté par le groupe ADP a été officialisé le premier Octobre dernier. Le second, Stargate, vient d’être annoncé par l’aéroport de Bruxelles qui en assurera la coordination. Ces projets seront financés par l’UE avec l’appui de l’accord du Green deal, en vue de “faciliter la transition vers une mobilité à faible intensité de carbone et une société résiliente au changement climatique“.

Quelle est l’originalité de cette démarche?

Elle vient notamment de la philosophie autour de laquelle elle s’articule. Il suffit de regarder le nom complet d’OLGA: hOListic Green Airport. Si l’expression green airport peut parler à beaucoup d’entre nous, on s’interrogera sans doute plus surement sur le terme “holistique” auquel nous sommes probablement moins familiers, du moins si l’on considère le lexique aéronautique.

Holistique signifie qui relève de l’holisme. Mais qu’est ce que l’holisme? Rien qui nous permette vraiment de prendre l’air. Il faudra sans doute nous élever un peu pour comprendre l’idée, très en pointe dans l’approche de la résolution de la question environnementale par les acteurs de l’aérien qui en sont à l’origine. C’est avant tout une notion qui pourra sans doute apparaître un peu “perchée” mais avec laquelle nous devrons composer un peu comme si le nouveau Monde qui se construit sous nos yeux venait de créer une 4ème dimension.

Système de pensée pour lequel les caractéristiques d’un être ou d’un ensemble ne peuvent être connues que lorsqu’on le considère et l’appréhende dans son ensemble, dans sa totalité, et non pas quand on en étudie chaque partie séparément

Doctrine de Jan Christiaan Smuts 1926 Afrique du Sud

Agir en considérant le secteur aérien dans son entièreté

Les deux projets sont des consortiums. OLGA prévoit ainsi de regrouper 57 partenaires déployés sur 3 aéroports derrière le chef de file CDG: Cluj en Roumanie, mais aussi Milan Malpensa ou encore Zagreb. Stargate verra Bruxelles allier ses efforts à Athènes, Budapest et Toulouse-Blagnac.

Compagnies (Air France pour Olga ou Brussels Airlines, TUI et DHL pour Stargate) et autres acteurs du secteurs compléteront ces dispositifs avec pour objectif commun la mise en application d’une myriade de petits projets destinés, comme le souligne Arnaud Feist, CEO de l’aéroport de Bruxelles, “à démontrer que l’aviation peut être plus durable, et que nous sommes prêts à prendre les devants. Nous voulons encourager le partenariat et l’innovation pour apporter une réponse aux défis climatiques auxquels nous sommes confrontés“.

Ces projets sont appelés à se connecter ensemble sur la base d’initiatives similaires encadrées par l’UE.

De petits projets pour une grande ambition

Parmi ces petits projets, on retrouvera, entre autres, le développement d’une station de mélange de biocarburants in situ, le déploiement de moyens de manutention électriques, le recyclage des déchets organiques en source d’énergie alternative, le développement du photovoltaïque etc. Mais aussi des projets à portée plus sociétale intégrant l’environnement direct des aéroports. Comme ceux touchant à la mobilité et à l’accessibilité. Concrètement, il s’agira de trouver des alternatives à la voiture pour relier les plateformes aux gares par exemple.

A Malpensa, l’effort portera aussi sur le développement de l’hydrogène pour les avions comme pour les voitures ainsi que sur des solutions de préservation de la biodiversité.

Gageons que ces efforts coordonnés d’un nouveau genre sauront porter leurs fruits et démontrer, effectivement, que le secteur aérien est volontaire pour faire bouger les lignes. Il n’en reste pas moins qu’une tâche non moins essentielle sera de faire connaître au grand public ( et reconnaître aux plus sceptiques) les résultats de cette démarche. Le suivi quantifiable des avancées devrait y aider. Il devrait aussi justifier les 49.8 millions d’euros accordés par la Commission Européenne pour ces deux projets.

Des moyens certes conséquents mais qui ouvrent de manière concrète la voie d’une approche plus globale face au défi de la réduction significative de l’impact environnemental du secteur du transport aérien. Nous ne manquerons pas d’en suivre sa mise en oeuvre.

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